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Djangui — Tontines traditionnelles

Le système d'épargne et d'entraide communautaire

Le Djangui est la banque du peuple : chacun donne à son tour, chacun reçoit à son tour. La solidarité est la monnaie du royaume.

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Première variante : le Djangui rotatif

Le Djangui rotatif est la forme la plus répandue de tontine chez les Bazou. Un groupe de personnes (généralement entre 10 et 30 membres) se réunit à intervalles réguliers (hebdomadaire ou mensuel). Chaque membre verse une cotisation fixe à chaque réunion. La totalité de la cagnotte est remise à tour de rôle à chaque membre. L'ordre de passage est déterminé soit par tirage au sort, soit par enchères, soit par ancienneté. Le président du Djangui (le « père » de la tontine) garantit le bon déroulement et arbitre les litiges. Un membre qui ne cotise pas est exclu et perd ses droits sur les cagnottes futures. Ce système permet à chaque participant d'accéder à une somme importante pour financer un projet : construction, scolarité des enfants, achat de terrain.

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Deuxième variante : le Djangui d'investissement

Le Djangui d'investissement est une forme plus élaborée où les cotisations ne sont pas immédiatement redistribuées. Les fonds collectés sont placés en prêts à intérêt auprès des membres ou de tiers. Les intérêts générés viennent grossir la cagnotte commune. En fin d'exercice (généralement annuel), les bénéfices sont répartis entre les membres au prorata de leurs cotisations. Ce système fonctionne comme une véritable coopérative d'épargne et de crédit. Certains Djangui d'investissement ont évolué vers des structures formelles (coopératives enregistrées) tout en conservant l'esprit communautaire de la tontine traditionnelle.

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Le fonds de secours

En parallèle des cotisations principales, chaque Djangui maintient un « fonds de secours » alimenté par des cotisations supplémentaires de moindre montant. Ce fonds est destiné à aider les membres frappés par un malheur : décès d'un proche, maladie grave, incendie, accident. Le déblocage du fonds de secours est décidé collectivement lors d'une réunion extraordinaire. Le membre bénéficiaire n'a pas à rembourser cette aide : elle est un don de la communauté. Ce mécanisme de solidarité est considéré comme l'âme du Djangui, bien au-delà de sa fonction financière. Il incarne le principe Bazou selon lequel « nul ne doit souffrir seul quand la communauté existe ».

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Organisation et gouvernance

Chaque Djangui est dirigé par un bureau composé d'un président (qui convoque et préside les réunions), d'un trésorier (qui collecte et conserve les fonds), d'un secrétaire (qui tient le registre des cotisations) et d'un ou deux commissaires aux comptes (qui vérifient la comptabilité). Les règles du Djangui sont consignées dans un règlement intérieur que chaque membre signe à son adhésion. Les sanctions pour manquement vont de l'amende à l'exclusion. La confiance mutuelle est le fondement du système : dans la tradition, un membre qui trahit la confiance du Djangui est socialement déshonoré.

Sources et références

  • *Traditions orales du Royaume Bazou
  • *Études sur les tontines en pays Bamiléké, Ouest Cameroun
  • *Commission Culture du Groupement Bazou
  • *Pratiques contemporaines des Djangui dans la diaspora Bazou