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Coutumes de mariage

Le mariage traditionnel Bazou : du Ndab à la dot

Le mariage Bazou n'unit pas seulement deux personnes : il scelle l'alliance entre deux familles, deux lignées, deux histoires.

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Le Ndab — Cérémonie de fiançailles

Le Ndab est la cérémonie officielle de fiançailles dans la tradition Bazou. Après que le jeune homme a identifié sa future épouse (souvent lors du Baliya, la danse au clair de lune), sa famille envoie des émissaires auprès de la famille de la jeune fille. Les émissaires apportent des présents symboliques : du vin de raphia, des noix de cola et du sel. Si la famille de la jeune fille accepte, une date est fixée pour le Ndab proprement dit. Durant cette cérémonie, les deux familles se rencontrent formellement, les conditions de l'union sont discutées, et le consentement mutuel est recueilli. Le Ndab peut être annulé si l'une des parties découvre un empêchement (lien de parenté trop proche, mauvaise réputation).

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La dot — Prix de la fiancée

La dot (« bride price ») est un élément central du mariage Bazou. Elle ne constitue pas un « achat » de la femme mais un signe de respect et de reconnaissance envers la famille qui a élevé la jeune fille. La dot traditionnelle comprend : des chèvres (généralement 2 à 4), des sacs de sel, du vin de raphia, des pagnes, des ustensiles de cuisine et une somme d'argent dont le montant est négocié entre les familles. Le paiement peut être échelonné sur plusieurs années. Une dot incomplète n'empêche pas le mariage mais crée une dette morale que le gendre devra honorer.

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Le divorce et la séparation

Bien que le mariage Bazou soit conçu comme une union durable, le divorce est possible sous certaines conditions strictes. Les motifs de divorce reconnus incluent : la stérilité prolongée (après consultation des guérisseurs), la violence conjugale, l'adultère répété et l'abandon du domicile. La procédure de divorce passe par le conseil des notables du quartier qui tente d'abord une médiation. Si la réconciliation échoue, le divorce est prononcé. En cas de divorce, la dot doit être partiellement restituée par la famille de l'épouse. Les enfants restent généralement avec le père, conformément au système patrilinéaire, mais la mère conserve un droit de visite et d'entretien.

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Le couvent initiatique

Avant le mariage, la jeune fille Bazou passait traditionnellement par un « couvent » initiatique (le Nkah). Durant cette période de réclusion (qui pouvait durer de quelques semaines à plusieurs mois), les femmes aînées du quartier transmettaient à la future épouse les savoirs essentiels : cuisine traditionnelle, soins du ménage, éducation des enfants, herboristerie de base, et surtout les « secrets » de la vie conjugale. Ce couvent était aussi un lieu d'embellissement : la jeune fille était nourrie richement pour prendre des formes, sa peau était enduite d'huiles et de kaolin. À sa sortie, elle était présentée à la communauté lors d'une fête qui précédait le mariage.

Sources et références

  • *Traditions orales du Royaume Bazou
  • *M. Towa Joseph, gardien des traditions
  • *Commission Culture du Groupement Bazou
  • *Études sur les systèmes matrimoniaux Bamiléké, Département du Ndé